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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
Voyage vers l'espoir
de Xavier Koller
Suisse, 1990, 1h50

Le dossier pédagogique consacré à Voyage vers l'espoir s'adresse aux enseignants du secondaire qui verront ce film avec leurs élèves (entre quatorze et dix-huit ans ans environ). Les données de ce dossier relativement ancien n'ont cependant pas pu être actualisées. Par ailleurs, contrairement aux réalisations plus récentes des Grignoux, il ne contient pas de pistes d'animation immédiatement utilisables en classe. Il est donc mis ici gratuitement à la disposition des personnes intéressées au format pdf. On pourra par ailleurs découvrir directement un premier extrait de ce dossier ci-dessous.

Le film en quelques mots

Une simple carte postale envoyée de Suisse par un lointain cousin a suffi pour décider Haydar à quitter son petit coin du sud-est de la Turquie.

Ici, la misère règne sur les montagnes arides, la vie est rude et sans merci. Ici restent la famille, les amis, les souvenirs et tout ce qui a fait partie de ces longues années de lutte pour la survie. Mais là-bas... Là-bas rime avec bonheur, travail, richesse! Là-bas, c'est un cousin qui a réussi son intégration et qui les attend!

Malgré les avertissements de leur entourage sur les dangers d'un tel périple, Haydar, son épouse Myriem et le jeune Mehmet Ali se lancent dans l'aventure, aveuglés par autant de rêves que d'espoir. Il vend son bétail et rassemble l'argent nécessaire à l'achat de passeports et de tickets pour la traversée en bateau jusqu'en Italie.

Mais ce qui devait être un «voyage vers l'espoir» se transforme rapidement en un véritable enfer. Détournés par hasard de la filière, ils tentent désespérément d'entrer en Suisse avec un camionneur les ayant pris en amitié. Hélas, ils échouent aux portes du bonheur. Rejetés du côté italien de la frontière, ils tombent aux mains de passeurs sans scrupules. Mêlés à un groupe d'émigrants traités comme du bétail, dépossédés de tous leurs biens par ces marchands de liberté véreux, ils sont bientôt livrés à la cruauté des montagnes enneigées. Abandonnés au froid et au brouillard, soudain, c'est le drame...

Les motivations du réalisateur

Issue tragiquepour des immigrants clandestins en Suisse
Durant la nuit de jeudi, un enfant âgé de 7 ans est mort d'épuisement et de froid au col du Splügen. Accompagné de ses parents, il se rendait en Suisse. Selon le procureur de l'état des Grisons, des passeurs avaient amené douze ressortissants étrangers de Milan et, malgré les chutes de neige, ils les avaient «expédiés» en Suisse.

Ces quelques lignes d'un journal daté du 15 octobre 1988 ont littéralement bouleversé Xavier Koller, cinéaste suisse. Horrifié par l'idée que des hommes soient ainsi exploités, malmenés dans le seul espoir d'une vie meilleure, Koller entreprend un véritable travail d'investigation dans les milieux officiels ou clandestins.

Entre Suisse et Turquie, il remonte les filières, interroge policiers et douaniers, s'entretient avec divers immigrants à la recherche d'un eldorado. Il finit même par rencontrer la famille de la petite victime encore sous le choc de la tragédie. Ne désirant pas parler, elle donne cependant son accord pour la mise en scène de la dramatique histoire. Plusieurs entrevues avec l'écrivain turc Feride Çiçékoglu donnent naissance au scénario du film Voyage vers l'espoir.

Attentif à «ne pas blesser des susceptibilités», il nous «raconte l'histoire sur un plan humain». Il ne désire pas émettre de jugement mais éveiller la sensibilité de chacun face à ce grave phénomène de société. Comprendre «quelles conditions de vie ou quelle utopie avaient bien pu provoquer cet espoir d'une vie plus confortable, ce qui avait poussé ces hommes à se défaire de leurs modestes biens afin de s'acheter illégalement une place au paradis» était son objectif. Il tente de nous le faire partager au travers de cette émouvante adaptation.

L'avis des média

Le Voyage vers l'espoir de cette famille d'immigrants a conquis le cœur de nombreux spectateurs ainsi que celui des jurys des différents festivals auxquels il était présenté. Même les Américains n'y sont pas restés indifférents puisque le film a remporté le prix du meilleur film étranger à la remise des Oscars en avril 1991, faisant ainsi un «beau pied de nez» à Cyrano de Bergerac, favori de la catégorie.

Par la simplicité de son film, Xavier Koller a su nous faire partager avec émotion les joies, les espoirs, mais aussi les souffrances et les profondes désillusions de ces clandestins. Attirant notre attention sur le problème sans cesse croissant de l'immigration, il tente d'y apporter un éclairage plus compréhensif et plus tolérant.

Une sélection d'articles critiques concernant le film permettra de lancer la discussion autour du film.

Différent avis critiques

Fabienne Bradfer, journaliste du journal Le Soir, nous décrit le film avec beaucoup d'enthousiasme. Soulignant la richesse des prises de vue, elle laisse transparaître l'ambiance poignante qui se dégage de Voyage vers l'espoir.

Son interview de Xavier Koller nous laisse découvrir les véritables motivations du réalisateur, ainsi que ses principaux objectifs. Le cinéaste suisse nous y révèle son point de vue au sujet de l'immigration, il nous raconte la réaction des autorités suisses et turques lors de la vision de son œuvre. Il nous parle de ses inquiétudes quant à l'avenir du cinéma européen ainsi que de son souci de protéger la diversité des cultures.

Moins tendres, les Cahiers du Cinéma dénoncent «la position peinarde» de Xavier Koller qui aurait pu «plaider plus offensivement en faveur de ces immigrants exploités». Ils lui reprochent également d’avoir limité la portée du sujet en basant le film sur un simple fait divers.

Les avis semblent également assez négatifs au sein de la rédaction du journal français Le Monde. Un article relativement peu élogieux, condamne surtout le manque d’originalité du film.

Tous ces articles (Le Monde, Les Cahiers du cinéma) semblent traduire un reste de rancœur de la part des Français, déçus que «leur» Cyrano de Bergerac ait ainsi été détrôné par l’«outsider» suisse lors de la remise des Oscars à Hollywood. A contrario, le bref commentaire, plutôt encourageant, de Jacqueline Artus dans son compte-rendu du Festival de la Baule pour la rubrique arts et spectacles du Nouvel Observateur, est paru avant la remise des Oscars à Hollywood.

En revanche, en Belgique, la majorité des avis sont positifs comme en témoigne, outre l'article de Fabienne Bradfer dans Le Soir, celui de Michel Paquot paru dans La Cité.


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