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affiche du film High life

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High life

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  • Réalisé par
    Claire Denis
  • Interprété par
    Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin, Mia Goth
  • Distributeur
    Imagine
  • Langue
    anglais
  • Pays d'origine
    France, Allemagne, Grande-Bretagne
  • Année
    2018
  • Durée
    1 h 53
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-03-21

Claire Denis envoie Robert Pattinson et Juliette Binoche dans l’espace pour une planante odyssée sans retour. Un chef-d’œuvre halluciné et viscéral dans la lignée des grands films du genre

Dans une ouverture dont l’ahurissante splendeur lo-fi est revenue longtemps nous hanter, Claire Denis nous transporte à bord d’un grand cube gris aux confins du cosmos avec une bande de réprouvés. Nous comprendrons qu’il s’agit d’anciens criminels condamnés à mort que l’on a envoyés dans l’espace pour servir une mission dont on ne nous donnera que peu d’indices, si ce n’est qu’elle implique un mode de procréation assistée dirigée par une médecin redoutable interprétée par une non moins inquiétante Juliette Binoche.

L’un des prisonniers, Monte, est joué avec calme et austérité par Robert Pattinson, et l’orée du film le trouve accroché à l’extérieur d’un vaisseau évoluant au-delà du système solaire. Pas une lumière, pas un bruit, hormis celui du babillage d’un bébé qui se trouve à l’intérieur du vaisseau dans un berceau posé devant deux écrans, et qui communique avec Monte par interphone. Le bébé voit Monte sur un écran, et sur l’autre il voit des images venues de la Terre, diffusées il y a des années de cela. Ce dispositif incroyable, dont on se demande dans quel tortueux recoin de son cerveau Claire Denis est allée le chercher, nous est imposé avec une évidence qui doit beaucoup au velouté sonore de leurs échanges, le bébé parlant, l’adulte répondant par une musique de patience et de tout petits mots. La plénitude de ce qui se love là, alors que tout autour il n’y a rien, donne au film sa tonalité amoureuse et inquiétante.

Ce qui est posé dès ces instants se démultipliera de mille manières, nous lançant dans une série de questionnements propres à un polar futuriste sans issue autant qu’à notre situation de Terriens en 2018. « Pourquoi se reproduit-on quand il n’y a plus d’espoir, plus de mythes, et plus personne ? » semble nous interpeller le film (peut-être pour avoir quelqu’un à qui parler, répond-il parfois). Trip visuel et sonore, pour lequel Claire Denis emprunte beaucoup à l’art contemporain et dont on peine à s’extraire, le planant High life est d’une densité qui amalgame sans cesse le sublime et le repoussant, le lyrique et l’amorti se doublant sans mal d’une réflexion philosophique sur les origines et le devenir des hommes.

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