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affiche du film Le jeune Ahmed

Enseignant

Ce film est disponible également en matinées scolaires

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Le jeune Ahmed

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    • Jeu. 05 Septembre | 18:15
    • Ven. 06 Septembre | 14:15
    • Dim. 08 Septembre | 17:45
  • Réalisé par
    Jean-Pierre & Luc Dardenne
  • Interprété par
    Idir Ben Addi, Claire Bodson, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou, Othmane Moumen
  • Distributeur
    Cineart
  • Langue
    français
  • Pays d'origine
    Belgique
  • Année
    2019
  • Durée
    1 h 24
  • Version
    Version originale en français
  • Date de sortie
    2019-05-22

En Belgique, aujourd’hui, le destin du jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie. La joie de retrouver les frères Dardenne au sommet de leur art, avec un film tiré au cordeau, nerveux et habité, physique et intense, moral et émouvant.

Ahmed ne veut plus faire la bise à Inès. Il part bougon de l’école de devoirs où il est suivi régulièrement depuis petit, depuis qu’Inès l’a aidé pour sa dyslexie. Ahmed n’écoute plus personne, pas même sa mère qu’il méprise et traite d’alcoolique. Devenu pieux, très pieux, il ne respecte plus que son imam, chez lequel il va souvent se ressourcer, ou se réfugier, on ne sait pas trop. Personne n’est dupe, pour Ahmed, sa mère sait qu’il s’est radicalisé et elle regarde, désemparée, son jeune fils s’éloigner.

Inès voudrait donner des cours d’arabe à l’école de devoirs, de l’arabe basé sur le quotidien, et pas sur le Coran, comme les cours d’arabe que beaucoup d’enfants suivent à la mosquée.

Pour l’imam d’Ahmed, c’est une aberration, et il faut saper son initiative dans l’œuf. Il dépêche le jeune garçon pour remettre ce cours en question lors de la réunion d’information avec les parents. Pour Ahmed, cela va plus loin : Inès commet là l’irréparable. Elle devient une ennemie, son ennemie… Les événements s’enchaînent, les rencontres aussi, nombreuses, avec un éducateur, un fermier, une jeune fille, qui tou·te·s tenteront de le faire dévier de sa trajectoire mortifère.

Nous vous l’affirmons sans ambages : ce nouveau film de Jean-Pierre et Luc Dardenne est une pure réussite, dans la digne lignée du Fils ou Rosetta. Les deux frères posent un contexte précis, brossés en quelques scènes : les relations familiales, les liens sociaux, l’importance du religieux.

Mais leur jeune Ahmed sort aussi de ce cadre. Il y a chez eux, toujours, par delà le déterminisme social, une attention presque féroce à cette part, même résiduelle, de libre arbitre, à l’humanité qui se construit par nos choix moraux. Nous retrouvons d’emblée leur style inimitable, leurs partis pris esthétiques. Une image qui colle aux basques du jeune ado, qui s’attache à rendre l’état d’esprit par des gestes, par du corporel, par des accessoires qui semblent d’abord anodins (lunettes, vêtements) mais permettent cet ancrage puissant dans le concret.

À ceux qui se demanderaient ce que les Dardenne font sur ce terrain jugé glissant ou à tout le moins délicat, nous pouvons répondre qu’il n’y a ici pas de thèse, et qu’il ne s’agit pas, pour eux, de donner ex abrupto des explications, des causes, mais d’observer, à partir d’une situation, la trajectoire d’un corps, ses interactions, ses désirs, ses pulsions, sa pugnacité. Ahmed est l’héritier symbolique de Francis (Le fils), tient un peu d’Igor (La promesse) ou de Rosetta, sans leur ressembler pour autant. Ahmed et ses obsessions morbides, Ahmed l’obstiné, l’insaisissable, Ahmed, si jeune, si adolescent.

Leur jeune acteur, Idir Ben Addi, de tous les plans, est exceptionnel. Et il ne faudrait pas oublier cette nouvelle troupe dont il est entouré, qui incarne les bonnes volontés démunies face au gamin : Claire Bodson, la mère, Olivier Bonnaud, l’éducateur, Victoria Bluck, la toute jeune fermière. Chacune de ces personnes voudrait, à leur niveau, avec bienveillance, aider Ahmed, apaiser sa colère et son ressentiment. Mais peut-on « sauver » quelqu’un contre son gré ?

CATHERINE LEMAIRE, LES GRIGNOUX

Enseignant·e·s, ce film est proposé en matinée scolaire à Namur : infos et réservation ici

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