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affiche du film Vox lux

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Vox lux

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  • Réalisé par
    Brady Corbet
  • Interprété par
    Natalie Portman, Jude Law, Stacy Martin, Raffey Cassidy
  • Distributeur
    The Searchers
  • Langue
    anglais
  • Pays d'origine
    États-Unis
  • Année
    2018
  • Durée
    1 h 54
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Date de sortie
    2019-05-22

Entre une fusillade dans un lycée et le concert d’une icône pop, le portrait de Céleste, jeune fille du XXIe siècle. Brady Corbet signe un film étrange et fascinant où le talent de Natalie Portman parvient encore une fois à nous sidérer !

Vox lux est typiquement le genre de film art et essai impossible à définir. Brady Corbet, jeune réalisateur dont c’est le deuxième film, s’est affranchi des conventions pour offrir un film hybride, en deux parties distinctes, laissant au specta teur la liberté d’en agencer les multiples motifs pour élaborer un sens à cette histoire qui est avant tout le portrait d’une époque chaotique où violence et célébrité s’entremêlent de manière toujours plus étroite.

Ça commence par des images d’archives, deux petites filles déguisées qui se dandinent devant une caméra tandis qu’une voix off (celle de Willem Dafoe) nous raconte quel incroyable destin attend l’une d’entre elles, Céleste.

Et puis nous voilà en 1999 dans les couloirs d’un lycée américain. Des ados entrent dans une classe, une prof prend les présences, un lundi ordinaire jusqu’à ce qu’un élève entre, armé, et tire sans distinction sur ses camarades. Bien sûr, cette fusillade rappelle celle du lycée de Columbine qui a eu lieu la même année, provoquant aux États-Unis une psychose générale.

Céleste fait partie des victimes, elle est blessée à la gorge et en gardera des séquelles. Lors d’une cérémonie d’hommage, elle interprète une chanson écrite suite à la fusillade. Des journalistes sont sur les lieux, sa « performance » est enregistrée et Céleste devient en un rien de temps le symbole d’une Amérique endeuillée, l’innocence meurtrie par le chaos d’une époque. Suivront toute une série d’étapes supposées faire d’elle la pop star des années 2000 : séjour à New York (où les deux tours sont toujours debout), attribution d’un agent (magnifique Jude Law), rencontres avec des producteurs, cours de danse... Elle est lâchée dans le monde impitoyable du show-business, entourée par des adultes soidisant protecteurs, mais bien impuissants face au raz-de-marée de la célébrité.

La seconde partie prend place en 2017. Internet s’est développé, les attaques terroristes se sont multipliées, l’information est toujours plus directe et se déploie selon l’échelle du sensationnel. Céleste a 31 ans, elle est devenue une star interplanétaire et doit gérer en une seule journée la promotion de son nouvel album auprès de journalistes malveillants, la pression d’un énorme concert et des conflits familiaux...

Céleste est devenue le produit de son temps, accaparée par son image, d’un narcissisme absolu, mais d’une incroyable maîtrise quand il s’agit de monter sur scène. C’est Natalie Portman qui interprète cette Céleste adulte et elle est, comme toujours, bluffante dans la peau de cette pop star borderline, sous influence certaine, qui s’écroule dans une scène, puis pleure comme une enfant frustrée dans une autre, et finit par se donner complètement face à son public en furie.

Il n’y a plus qu’à souligner que c’est la chanteuse Sia (Chandelier) qui signe la bande originale pour vous convaincre d’aller voir ce film hors du commun, entre le cinéma de Gus Van Sant et Michael Haneke, barré, mais superbement captivant.


ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX

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