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affiche du film Hit The Road

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Hit The Road

  • Titre original
    JADDEH KHAKI
  • Réalisé par
    Panah Panahi
  • Interprété par
    Hassan Madjooni, Pantea Panahiha, Rayan Sarlak
  • Distributeur
    Cherry Pickers
  • Langue
    perse et anglais
  • Pays d'origine
    Iran
  • Année
    2021
  • Durée
    1 h 33
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Drame
  • Date de sortie
    2022-04-27

Dans une voiture, une famille extravagante est en route vers une destination inconnue et traverse les majestueux paysages iraniens. Cette pépite venue d’Iran (c'est le premier long métrage du fils de Jafar Panahi) fait partie de ces road-movies impossibles à catégoriser, mais qui marquent les esprits et les cœurs. De la poésie à l’état pur

L’habitacle résonne des notes d’une composition au piano. Un homme et une femme somnolent, tandis qu’un enfant pianote sur les touches d’un clavier factice dessiné sur le plâtre qui emprisonne la jambe du passager. La voiture s’est arrêtée au pied d’une configuration montagneuse magistrale. La chaleur semble avoir assommé les occupants et figé le monde qui les entoure. La quiétude est rompue par la vibration d’un portable, et la voiture se transforme alors en un joyeux bordel où chacun y va de ses commentaires pour trouver l’appareil, à commencer par ce gamin facétieux, sorte de mini tornade au vocabulaire non censuré, qui a planqué le téléphone dans son caleçon.

Un père, une mère et leurs deux fils. Qui sont ces quatre personnes ? Vers quelle destination voyagent-elles ? Il faudra les 93 minutes du film pour que le voile se déchire peu à peu et que l’histoire se révèle. Dans cette famille loufoque, l’humour et la tendresse semblent être les maîtres-mots du quotidien. Pourtant, au fil du road-trip, les pièces du puzzle s’assemblent et l’histoire ne semble plus si drôle. On comprend qu’ils ont tout quitté dans la précipitation et se dirigent vers un endroit mystérieux. On perçoit aussi que cette bonne humeur n’est qu’une façade et que s’ils s’amusent, chantent et rigolent, c’est sans doute pour ne pas pleurer.

Le récit est superbement rythmé. Dès le premier plan-séquence, on sent le non-dit. Mais, et c’est là le génie du réalisateur, cette gêne est en permanence diluée dans les dialogues comiques et sans queue ni tête entre les occupants de la voiture. Pourtant, certains détails nous rappellent que quelque chose ne tourne pas rond : l’hilarité de la mère, le mutisme du frère aîné et même l’énergie débordante de ce gamin survolté. Tout est bon – la santé du chien Jessy, un cycliste fan d’Armstrong… – pour les détourner de ce qui les préoccupe.

La majorité de l’intrigue se déroule à l’intérieur de la voiture. Il n’y a pourtant jamais de sensation d’enfermement, car au cours de cette odyssée, Panah Panahi sublime les paysages iraniens lors d’escales pittoresques qui nous amènent doucement vers le dénouement final. Ce qui nous vaut de magnifiques instantanés dans une nature aux couleurs flamboyantes. Ceux-ci sont presque des personnages à part entière, témoins silencieux du long voyage de cette famille vers un futur incertain.

Et quand, au sein de cette tourmente familiale, la caméra se pose enfin, captant les éléments météorologiques, c’est pour mieux confronter les personnages à leur sort, et emprisonner le spectateur dans un dernier plan magistral qui ne s’oublie pas de sitôt…

LAURENCE HOTTART, les Grignoux

Fiche PDF du film

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