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affiche du film Ayka

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Ayka

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  • Réalisé par
    Sergey Dvortsevoy
  • Interprété par
    Samal Yeslyamova
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    russe, kirghize
  • Pays d'origine
    Russie, Kazakhstan, Allemagne, Pologne
  • Année
    2018
  • Durée
    1 h 40
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Public
    avertissement : scènes pouvant heurter la sensibilité des spectateurs
  • Date de sortie
    2019-05-01
  • Récompenses

    Prix d'Interprétation feminine au festival de Cannes 2018

La course folle d’une jeune femme dans un Moscou enneigé, bruyant et hostile. La prouesse d’une comédienne que la caméra ne lâche pas d’une semelle pendant les 100 minutes que dure ce film qui a secoué la Compétition officielle du dernier festival de Cannes et a offert à l’actrice kazakhe Samal Yeslyamova le prix d’interprétation féminine

Une maternité moscovite. Des bébés juste nés, alignés sur une table, emmaillotés de la tête aux pieds. Dans une chambre, un nourrisson hurle. À côté, une jeune femme se remet de son accouchement. L’infirmière la houspille : elle doit nourrir son bébé. Mais Ayka ne peut se permettre d’être mère. Feignant d’aller aux toilettes, elle s’enfuit de l’hôpital et rejoint d’autres femmes dans un sous-sol transformé en abattoir à volailles. L’intendant l’interpelle : elle est en retard ! Pliée en deux par des crampes au ventre, Ayka s’excuse et se met directement au travail, ébouillantant, plumant et vidant des poulets à la chaîne.

L’atelier n’est que la première station de son chemin de croix. Une fois les poulets chargés, les patrons se tirent avec la caisse, « oubliant » de payer deux semaines de travail aux ouvrières. Ayka a besoin d’argent. Son téléphone sonne sans arrêt et à la voix ulcérée qui sort de l’appareil, on comprend très vite que ses interlocuteurs sont du genre mafieux. Pas le temps de pleurnicher sur ce salaire perdu, elle doit trouver un autre job. Et tant pis pour la douleur qui lui déchire le ventre, pour le lait qui coule de ses seins.

Il y a dix ans, le cinéaste Sergey Dvortsevoy avait déjà remporté un prix à Cannes, dans la section « Un certain regard », pour son premier film, Tulpan, une fable suivant un jeune prétendant au mariage qui se trouvait éconduit par sa promise parce qu’il avait de trop grandes oreilles.

Avec Ayka, il nous livre le portrait terrifiant d’une jeune Khirgize en situation illégale, aux prises avec les arcanes d’un système qui ne fait aucun cadeau aux clandestins. Le film est exigeant, à l’image d’un diamant brut qui ne révélera sa beauté qu’aux spectateurs qui accepteront d’assembler les fragments d’informations, livrés au goutte à goutte, pour comprendre le geste terrible posé par la jeune femme. Petite sœur slave de Rosetta – l’héroïne des frères Dardenne interprétée par Émilie Dequenne –, Ayka est une guerrière. Une jeune femme qui a décidé de faire sa place dans un monde sans pitié où les faibles sont destinés à être broyés.

LAURENCE HOTTART, LES GRIGNOUX

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